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· Introduction
Portrait
historique
· Présence
sur le territoire
· Histoire en résumé
· La culture des
Innus
Portrait
actuel
· Le territoire
des réserves
· Réserve
à castor
· Le système
politique des conseils de bande
· Données
démographiques et statistiques
Introduction
Les Premières Nations de Mamuitun mak Nutakuan
regroupent trois (3) Premières Nations innues
vivant au nord du fleuve St-Laurent. Les communautés
d'Essipit et de Nutakuan sont
sises sur la Côte-Nord et celle de Mashteuiatsh
est située au Saguenay-Lac-Saint-Jean. La
population totale de nos trois (3) Premières
Nations s'élève à plus de 5
900 Innu(e)s
Les Premières Nations de Mashteuiatsh et
de Essipit font partie du Conseil
tribal Mamuitun mak Nutakuan, à qui elles ont confié
le mandat de mener la négociation d'un
Traité avec les gouvernements du Québec
et du Canada. Quant à la Première
Nation de Nutakuan, celle-ci s'est jointe aux
Premières Nations de Mamuitun dans cette
négociation en novembre 2000.
Portrait
historique
Présence sur le territoire
Les Premières Nations innues d' Essipit, Mashteuiatsh et Nutashkuan
font partie de la grande nation innue composée
de neuf communautés au Québec et de
deux communautés vivant au Labrador. L’ensemble
de la nation innue occupe traditionnellement le
vaste territoire1 compris entre la région
du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le fleuve et le golfe
du Saint-Laurent, la péninsule du Labrador
et la ligne de partage des eaux2 .
La tradition orale des Innus raconte que leurs ancêtres
vivaient sur leur territoire actuel depuis la nuit
des temps. Les plus récentes recherches archéologiques
montrent que les premiers autochtones venus du sud
ont fréquenté et habité le
territoire côtier à la suite du recul
du glacier continental depuis près de sept
à huit mille ans. Au cours des âges,
les récits de tradition orale innue rapportent
que l’occupation du territoire par les divers
groupes innus (de culture algique) a été
permanente mais conditionné par diverses
confrontations avec des groupes inuit, micmacs,
iroquois et autres. À l’époque
du contact, certains groupes de culture iroquoienne
ont occupé des sites côtiers par intermittence.
Au cours de l’histoire, les Innus ont été
nommés Montagnais ou «Montagnés».
Les missionnaires, les traiteurs, les explorateurs,
les anthropologues et les historiens ont donné
plusieurs noms aux Innus selon les lieux et les
périodes : Kakouchaks, Betsiamites, Chisedecs,
Papinachois, Oumamioueks, Ouchestigouecks, Tadoussaciens,
Chicoutimiens, Piekouagamiens, Chomonchouanistes,
Nékoubanistes, Naskapis, etc.
Durant la période préhistorique et
historique, les Innus vivaient en petits groupes
multifamiliaux dans chacun des bassins hydrographiques
permettant la pénétration à
l’intérieur des terres pour la période
d’automne et d’hiver. Ces groupes revenaient
au printemps et en été à l’embouchure
des rivières, au bord des grands plans d’eau
ou du fleuve pour y pratiquer une économie
basée sur les ressources côtières.
Ils se déplaçaient alors en canot
sur de plus grandes distances et fréquentaient
des groupes innus plus larges aux fins du commerce,
des échanges, des mariages, de la mission
ou des relations politiques3.
Plus récemment et tout en continuant à
fréquenter leurs territoires traditionnels
respectifs, les divers groupes innus se sont fixés
sur des territoires de réserve au sens
de la Loi sur les Indiens. Le territoire de réserve
des Montagnais du Lac-Saint-Jean a été
créé en 1853 à Metabetchouan
et Péribonca et transféré
à la Pointe-Bleue (Mashteuiatsh) en 1856,
celui d’Essipit en 1892 et de Nutashkuan en
1953.
1Selon la période
historique concernée, les Innus occupaient
aussi le territoire décrit jusqu’à
Québec (réduction de Sillery
et Côte-de-Beaupré) et sur la
rive sud de la région de Rivière-du-Loup
(Récit du père jésuite
Paul Le Jeune). 2Les Innus
de Mashteuiatsh ont occupé aussi une
partie du territoire de la région du
grand lac Mistassini au delà de la
tête des eaux, celle de Betsiamites
la région de Kaniapiskau et celle de
Nutashkuan, le Labrador et le bassin sud du
fleuve Churchill. 3Par
exemple, le rassemblement politique et militaire
de Tadoussac en 1603. |
Histoire
en résumé
Le contact
Dès la fin du XVe siècle, baleiniers
et morutiers de diverses nationalités européennes
viennent sur les côtes du golfe Saint-Laurent
et du Labrador exploiter à grande échelle
les ressources des eaux limitrophes. De nombreux
échanges sont entretenus avec les populations
autochtones locales. Ainsi, en 1534, Jacques-Cartier
rencontre à l’embouchure de la rivière
Natashquan un groupe d’«Indiens»
accompagné par le capitaine Thiennot, pêcheur
d’origine européenne.
Le premier affermage de traite des fourrures
sur la Côte-Nord est accordé, en
1588, à une entreprise privée appartenant
à Jacques Noël et Etienne Chaton de
La Jannaye par le roi de France, Henri III. Cette
ferme passe ensuite aux mains de plusieurs concessionnaires
privés jusqu'en 1627, date de la fondation
de la Compagnie des Cent-Associés qui devient
"propriétaire" de toute la Nouvelle-France
et qui détient "à perpétuité"
la traite et l'exclusivité du commerce
des fourrures. De fait, après 15 ans, la
Communauté des Habitants prend la relève
jusqu'en 1645. La Compagnie des Indes occidentales
lui succède ensuite jusqu'en 1674.
Dès le XVIIe siècle, les Français
établissent des postes de traite le long
de la Côte-Nord et au Saguenay dans des
endroits stratégiques pour le contrôle
du commerce avec les Innus du Domaine du Roi (Bassin
versant entre le Saguenay et le Cap des Cormorans
situé à l'est de la rivière
Moisie).
Ainsi, des concessionnaires privés y font
le commerce des fourrures de 1588 à 1627,
puis la Compagnie des Cent-Associés de
1627 à 1645, ensuite la Communauté
des Habitants de 1645 à 1666, la Compagnie
des Indes occidentales, de 1666 à 1674,
la Ferme du Domaine du Roi, de 1675 à 1697,
Louis Guignes, de 1697 à 1701, la Compagnie
du Canada de 1701 à 1706, la compagnie
Aubert, Néret et Gayot de 1706 à
1717, la compagnie d'Occident, en 1717 et 1718,
la Compagnie des Indes, de 1718 à 1732,
le Ministère de la Marine, de 1732 à
1760 et de nombreux concessionnaires privés
sous le régime anglais, dont la Compagnie
de la Baie-d'Hudson de 1831 à 1859.
En 1661, François Bissot obtient une immense
concession entre la baie de Brador et l’Ile-aux-œufs.
Les héritiers continueront le commerce
de Bissot. Des postes de traite sont installés
en 1734 à Natashquan, Musquaro et Nabisipi.
En 1821, la Compagnie de la baie d’Hudson
prendra la relève du commerce des pelleteries,
du saumon et du loup-marin avec des postes à
Quetachou, Nabisipi, Natashquan, Kégaska
et Musquaro. Les divers villages allochtones de
la Moyenne-Côte-Nord seront implantés
à partie de 1855. En 1859, la Compagnie
de la baie d’Hudson perd son monopole d’exploitation
des rivières à saumon et à
partir de cette date, le gouvernement du Canada
les louera à des particuliers.
La tradition orale des Innus spécifie
qu’ils ont été lentement dépossédés
de leurs ressources en milieu côtier et,
plus tard, de leurs plus beaux sites de campement
estival par l’occupation croissante des
compagnies, clubs privés et colons. De
nombreuses plaintes ont été expédiées
à diverses époques par les bandes
innues aux gouverneurs de la colonie, particulièrement
en ce qui concerne la région du Lac-Saint-Jean.
Les postes de traite et la présence allochtone
conditionnent dorénavant le mode de vie
des Innus et amènent avec eux l'horreur
des maladies épidémiques européennes
qui font des ravages catastrophiques chez les
Innus. En 1652, la petite vérole affecte
sévèrement les Innus de la nation
des Porcs-Epics (Kakouchacs) du Lac-Saint-Jean
et le monopole des fourrures s'exerce de plus
en plus au profit des Français qui installent
des postes de traite à Tadoussac, puis
à Chicoutimi, à Métabetchouan
et à Nékoubau.
Les postes de traites couvrent petit à
petit l'ensemble du territoire innu : le "Nitassinan".
Le commerce des pelleteries maintient l'économie
de la Nouvelle-France pendant plusieurs décennies
et se poursuit sur une grande échelle jusqu'au
XIXe siècle. A partir du milieu du XIXe
siècle, le monopole des grandes compagnies
de traite disparaît pour faire place à
l'économie du bois et à la colonisation
des bonnes terres agricoles.
Au fur et à mesure qu'on "explore"
et évangélise le territoire innu
vers la Moyenne et Basse-Côte-Nord du Saint-Laurent,
le terme "montagnais" est extensionné
aux autres bandes innues de la côte puisqu'elles
parlent toutes le même langage, avec toutefois
certaines variantes de dialecte.
Le peuplement allochtone
Dès le milieu du XIXe siècle, l'exploitation
forestière se développe et se concentre
dans la région de la Haute-Côte-Nord
à cause de la forte densité des forêts
de conifères et de la proximité des
centres de transformation. Un moulin à scie
est construit en 1836 à Anse-à-l'Eau
et Moulin-Baude, dans la région de Tadoussac.
Les peuplements de pins gris du Saguenay font l'objet
de convoitise et commencent à être
exploités dans les années 1836-37
par la Compagnie de la Baie-d'Hudson et par Sir
William Price.
En 1838, une goélette affrétée
par la Société des Vingt-et-un de
Charlevoix transporte 27 hommes. Ils construisent
un moulin à scie près de Tadoussac,
un autre en face de la rivière Sainte-Marguerite
et un dernier à l'Anse-Saint-Jean. Ils
développent aussi un établissement
permanent dans la Baie des Ha! Ha!
En 1843, le gouvernement fait arpenter les cantons
du Saguenay. De 1838 à 1843, on construit
des moulins à Rivière-du-Moulin,
Lac Kénogami, Rivière Shipshaw,
Pikauba, Cyriac, en 1851 à la Grande-Décharge
du Lac-Saint-Jean et dans le canton Métabetchouan.
En 1855, c'est sur la rive des rivières
Péribonca et Mistassini que s'installent
d'autres moulins.
L'épopée de la coupe de bois se
poursuit avec la construction de moulins à
scie à Grandes-Bergeronnes et Rivière
Sainte-Marguerite en 1844, à Sault-au-Cochon
et Escoumins en 1845, à Portneuf en 1846,
à Sault-au-Mouton en 1860.
De grandes scieries sont construites sur la rivière
Bersimis en 1878, à Pentecôte en
1887 et à Manicouagan en 1899.
Les exploitations forestières sont converties
pour la production de la pulpe exportée,
dans les années 1908 à Clarke City,
par la Gulf Pulp and Paper.
A partir de 1900, des ports d'expédition
de la matière ligneuse sont construits
à Godbout, Franquelin, Baie-Trinité,
Shelter-Bay, Clarke-City, Forestville et Rivière-Pentecôte.
Des concessions forestières sont accordées
à l'Ontario Paper en 1916, dans le bassin
de la rivière aux Rochers, en 1918 dans
le bassin de la rivière Franquelin et en
1923 dans le bassin de la rivière Manicouagan.
Le mouvement se répéte au Lac-Saint-Jean
pour la Port-Alfred Pulp and Paper en 1924, la
Québec Pulp and Paper Mills Ltd en 1925,
la Belgo Canadian Paper Co.Ltd. en 1925, la Price
Bros and Co. Ltd. en 1926, la Mistassini Power
and Paper Co. en 1926-27 et sur la Côte-Nord
à la St-Lawrence Paper Mills Co. Ltd. en
1927-28.
La crise économique des années
1930 amène la fermeture de plusieurs petites
scieries sur la Côte-Nord et l'ouverture
de plusieurs nouveaux villages de colonisation.
La route 138 est construite entre Tadoussac et
Sept-Iles entre les années 1926 et 1960.
L'usine de la Québec North-Shore Paper
est construite à Baie-Comeau en 1936. La
route 138 est prolongée jusqu’à
Nutashkuan en 1999.
L’occupation préhistorique de l’ensemble
du territoire par les Innus date donc de temps
immémoriaux, du moment où ce territoire
est habitable jusqu’à aujourd’hui.
Par-delà les concessions commerciales de
fermes de traite des fourrures, l’occupation
allochtone du territoire à des fins d’habitation
et de villages est très récente,
elle commence au milieu du XIXe siècle.
La culture des Innus
Les croyances
Les Innus vénèrent la forêt
génératrice de toutes les sources
de vie. Les croyances innues reposent sur l'idée
qu'il y aurait eu, au début des temps,
des mariages entre des animaux qui possédaient
une âme et avaient les mêmes facultés
que les humains. Après un certain temps,
les humains auraient été libérés
à la condition qu'ils ne dévoilent
pas les secrets de la forêt qu'ils avaient
appris. Ensuite, il y eut reprise des êtres
humains possédant ce savoir par les animaux
en raison de leur promesse rompue. Les humains
repris ne revinrent jamais et depuis ce temps,
la connaissance de la forêt provient des
animaux. Par la suite, la voix des animaux ne
se fit entendre qu'occasionnellement lors du rituel
de la tente tremblante exercé par de rares
shamans.
Les mythes furent créés et racontés
pour perpétuer les messages des animaux
de la forêt. Afin de communiquer avec l'esprit
des animaux, les Innus utilisèrent aussi
le tambour, la suerie, la divination, la suspension
des os et divers cultes comme celui de l'ours,
du caribou, du saumon, etc.
Pour les Innus comme pour la plupart des nations
de culture algique, on croyait en un pouvoir suprême,
force créatrice de toutes choses. La religion
évoluait autour du Grand Esprit, Tshitshe
Manitu, l'Etre bon et suprême.
L'omniprésence des forces spirituelles
ainsi qu'une âme propre à chaque
chose et à chaque espèce, de même
que la place essentielle de chacun, y compris
les humains dans le cercle du cosmos, favorisaient
le respect de chacun de ces éléments,
l'équilibre de l'écosystème
de même que la prière et la communion
parfaite avec l'univers. La vieillesse passait
pour un honneur et la mort menait l'esprit dans
les riches régions où la maladie
et la tristesse n'existaient plus. Les âmes
des morts continuaient à vivre dans l'au-delà
comme elles avaient vécu sur terre mais
bienheureuses et bien débarrassées
des soucis des vivants.
Les Innus d'aujourd'hui demeurent profondément
imprégnés de la mystique traditionnelle
et respectueux de l'éthique spirituelle
de leurs ancêtres. La plupart sont aussi
des catholiques fervents.
La tradition orale
Les Innus se transmettent oralement les récits
qui racontent leurs expéditions, la vie
de la famille à laquelle ils appartiennent
et l'histoire de leur nation, de l'époque
du nomadisme jusqu'à aujourd'hui.
Ils racontent ce qui s'est passé par des
légendes et des récits mythiques
qui portent le nom d"atanukan". Ils
peuvent également le faire en relatant
des anecdotes sur la vie quotidienne qui ont été
rapportées par des témoins, c'est
le "tshipatshimun".
La vie des Innus a beaucoup changé depuis
une quarantaine d'années. L'école,
la télévision et la radio ont contribué
à transformer la société
traditionnelle innue. Aujourd'hui, les parents
s'efforcent de transmettre leur identité
innue tout en adoptant un mode de vie différent
sans renier leurs origines. Les témoignages
des aînés sont essentiels au maintien
de l'identité innue.
De nombreuses recherches sont faites pour conserver
la science du peuple innu. Des livres, qui traitent
de la médecine par les plantes, de cuisine
traditionnelle, de chasse, de pêche, de
trappe, ainsi que des contes et des légendes,
sont publiés en français et en langue
innue.
La vie traditionnelle (Innu Aitun) et l’organisation
sociale
Les Innus vivaient en petits groupes familiaux
ou claniques à l'intérieur des terres
pendant les longs mois d'hiver. Ils se regroupaient
en communautés plus larges au printemps,
principalement à l'embouchure de rivières
importantes ou de grands plans d'eau intérieurs.
Ainsi, la période estivale favorisait l'éclosion
d'une vie sociale plus intense, l'organisation
de festivités et de cérémonies
à caractère spirituel et religieux
et se prêtait bien aux mariages inter-groupes.
La composition et la dimension des bandes ne
comportaient pas de règles strictes bien
que, généralement, les alliances
et les liens de parenté les déterminaient.
Ils pouvaient, à l'occasion des regroupements,
choisir un chef sur la base du prestige d'un meneur
jugé d'après ses qualités
personnelles telles son habilité de chasseur,
sa sagesse ou sa capacité de communiquer
avec l'esprit des animaux.
Les tâches étaient "relativement"
réparties selon l'appartenance à
un sexe ou à l'autre. Selon les circonstances
et les exigences des déplacements, hommes
et femmes pouvaient réaliser les tâches
des uns et des autres sans cloisonnement. Les
hommes s'occupaient ordinairement de la chasse
au gros gibier, de la planification des voyages
et des déplacements, de la construction
du campement, du troc et de la fabrication de
certains outils, pièges et équipements
sophistiqués comme le canot, les fûts
de raquettes, les avirons, etc. Les femmes s'occupaient
ordinairement de l'aménagement du campement,
de la chasse, de la pêche et de la trappe
près du campement, du tressage des raquettes,
de la fabrication et de l'entretien des vêtements
et des tentes, de la cueillette des fruits sauvages
et des herbes médicinales et de l'éducation
des jeunes enfants. Les femmes demeuraient plutôt
au campement et prenaient soin des aînés,
entretenaient le feu et la réserve de bois
de chauffage. Les hommes s’éloignaient
souvent à la recherche du gibier nécessaire
ou pour l’inspection des lignes de trappe.
Les connaissances étaient ordinairement
léguées de père en fils et
de mère en fille.
Les aînés sont des personnes très
importantes dans les familles et dans la nation
innue. Ils sont les bibliothèques vivantes
de leur histoire, de leurs légendes, de
leurs traditions et de leur connaissance du territoire.
Ils sont informés des événements
et on les consulte régulièrement
sur la vie de la communauté.
Aujourd’hui, les Innus sont généralement
sédentarisées dans leur collectivité
locale bien que certains passent encore de longues
périodes en forêt et que d’autres
vivent hors des territoires de réserve
ou quittent la communauté pour étudier.
La langue innue et la culture (Innu Aimun)
La langue innue tire son origine et sa vitalité
du territoire ancestral habité par les
Innus. Elle est encore aujourd’hui parlée
par la plupart des Innus mais elle est menacée
dans les communautés les plus urbanisées
où cependant son maintien ou son apprentissage
sont fortement valorisés.
La terre est le témoin des pensées
et des actions des Innus. La terre des Innus est
leur pays, elle est le Nitassinan. Les souvenirs
du peuple et des ancêtres vivent dans le
Nitassinan. Les Innus ont donné des noms
de leur langue à tous les recoins de ce
pays et ces endroits parleront toujours au peuple
innu; ils lui raconteront toujours son histoire
et ses légendes.
L’histoire du peuple innu racontée
par les traditions orales vient de la nuit des
temps. Les Innus ont toujours utilisé,
occupé et protégé leur territoire
traditionnel qu’ils connaissent intimement
et qu’ils aiment.
La culture et le mode de vie innu ont toujours
su s’adapter aux réalités
nouvelles. La culture innue est originale et vivante,
elle n’est pas fixe, elle évolue
avec son temps et avec les événements,
elle respecte les temps passés et les valeurs
traditionnelles tout autant qu’elle propose
l’intégration de valeurs et de technologies
contemporaines.
La société innue est en transition
accélérée pour réaliser
son bien-être et son développement.
Son défi comme celui de toute autre société
est de s’adapter au «village global»
et de trouver son équilibre dans un contexte
interculturel et de communication planétaire.
Les enjeux de son développement sont tout
autant internes qu’externes.
Aujourd’hui, les Innus sont à un
tournant de leur histoire. Le résultat
de la négociation territoriale globale
concerne le projet de société innu
et il déterminera pour l’avenir la
forme de relation qu’elle entretiendra avec
la société québécoise.
Portrait
actuel
Le territoire des
réserves
Les Premières Nations innues de Mashteuiatsh,
d’Essipit et de Nutashkuan
sont des bandes indiennes au sens de la Loi sur
les Indiens et elles occupent chacune un territoire
dit de « réserve indienne ».
Ce territoire est constitué de « terres
mises de côté au profit et à
l’usage d’une bande indienne ».
Certaines de ces terres sont la propriété
du gouvernement du Canada (achat, lettres patentes);
certaines autres terres mises de côté
sont la propriété du gouvernement
du Québec (transfert de l'usufruit au gouvernement
du Canada).
Le territoire de réserve de la communauté
de Mashteuiatsh est situé à six
kilomètres de Roberval, sur la rive ouest
du lac Saint-Jean, celui d’Essipit en Haute-Côte-Nord,
sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, près
de la baie des Escoumins, à 40 kilomètres
au nord-est de Tadoussac et celui de Nutashkuan en Moyenne-Côte-Nord,
à l'embouchure de la rivière Natashquan,
sur le golfe du Saint-Laurent, à 336 kilomètres
à l'est de Sept-Îles.
La superficie des terres réservées
aux Innus est la suivante :
Mashteuiatsh : 1 522 hectares
Essipit : 87,6 hectares
Nutashkuan : 20,3 hectares
Les terres réservées relèvent
de la compétence du gouvernement du Canada
depuis la Loi constitutionnelle de 1867 qui prévoit
à l’article 91(24) que « les
Indiens et les terres réservées
aux Indiens » sont de compétence
fédérale.
Réserve à
castor
Mis à part la Première Nation d’Essipit,
les Innus du Conseil tribal Mamuitun mak Nutashkuan
ont aussi un accès particulier à des
réserves à castor sur lesquelles ils
ont le droit exclusif de trapper ou de chasser les
animaux à fourrure; ce droit est consenti
par règlement du Québec, sauf dans
le cas de la Réserve de Saguenay qui n’est
pas exclusive aux Innus. Les réserves à
castor sont des terres publiques sur lesquelles
les développements, activités et affectations
sont permises et que les citoyens peuvent fréquenter
aux fins de chasse, de pêche et autres activités
récréatives.
Le système politique
des conseils de bande
L’organisation administrative de chaque bande
indienne est actuellement assurée par un
conseil de bande. Les pouvoirs décisionnels
se situent donc légalement dans le cadre
de la loi fédérale qui régit
les bandes indiennes à l’échelle
de chacune des communautés locales. La Loi
sur les Indiens permet d’élire les
dirigeants de la communauté selon les dispositions
de la loi ou selon la coutume autochtone. Les quatre
communautés du Conseil tribal Mamuitun mak
Nutashkuan élisent leurs dirigeants selon
la coutume.
Les conseils de bande jouent un rôle politique
et administratif et ils sont composés d’un
chef et de conseillers dont le nombre peut varier.
Ainsi le conseil de bande de Mashteuiatsh compte
huit (6) conseillers, celui d’Essipit trois
(3) et celui de Nutashkuan
cinq (5). Un conseil de bande peut créer
des comités et des organismes responsables
de certains aspects de la vie sociale de la communauté.
Certaines communautés ont mis en place des
corporations ou compagnies aux fins de leur développement
social ou économique. Le conseil de bande
de chaque Première Nation est l’interlocuteur
privilégié auprès des instances
gouvernementales aux fins de la gestion de programmes
et services. Chaque conseil de bande joue aussi
un rôle de représentation politique
dans les organismes ou institutions régionales
ou nationale, autochtone et allochtone. De plus,
les Premières Nations innues se sont dotées
d’organismes de services communs tel l’Institut
éducatif et culturel montagnais (ICEM), la
Société de communication atikamekw
et montagnaise (SOCAM) et le Conseil tribal Mamuitun
en matière de services techniques et professionnels,
ainsi que de management. Les conseils de bande sont
responsables de la dispensation de divers services
sur leur territoire tels l’habitation, les
infrastructures, le maintien de l’ordre, l’éducation,
la santé, les services sociaux, le développement
économique, etc...
Données démographiques
et statistiques
s’est accrue de plus de 25% dans les derniers
vingt-cinq ans et près de la moitié
a moins de 25 ans. 48% de la population de Mashteuiatsh,
44% de la population d’Essipit et 74% de la population
de Nutashkuan ont moins de 35 ans. Alors que la
population du Québec a augmenté de
1.4% entre 1996 et 2001, celle de Nutashkuan, par
exemple s’est accrue de 19.1%. Mis à
part la Première nation d’Essipit dont
le membership est restreint, dont le dynamisme économique
est connu et qui emploie plusieurs allochtones dans
ses nombreuses entreprises, les autres Premières
Nations connaissent des taux de chômage très
importants.
Quelques données les plus récentes
sur les populations4
Mashteuiatsh (Montagnais du lac Saint-Jean)
Population totale : 4662
Population sur réserve : 1980
(hommes : 968; femmes : 1012)
Membres hors réserve : 2672
Essipit
Population totale : 384
Population sur réserve : 177
(hommes : 85; femmes : 92)
Membres hors réserve : 207
Nutashkuan
Population totale : 847
Population sur réserve : 778
(hommes : 383; femmes : 395)
Membres hors réserve : 69
Quelques données statistiques5
(1) Évolution de la population de la Première
Nation entre 1975 et 2000 (25 ans):
· Mashteuiatsh : de 1663 à 4555
personnes, soit une augmentation de 63,5 %
· Essipit : de 120 à 382 personnes,
soit une augmentation de 68,6 %
· Nutashkuan : de 387 à 819 personnes,
soit une augmentation de 52,7 %
(2) Variation de la population sur réserve
entre 1996 et 2001 (5 ans) :
· Mashteuiatsh : 7,9 %
· Essipit : 2,4 %
· Nutashkuan : 19,1 %
· Population du Québec : 1,4 %
(3) Population de la Première Nation ayant
moins de 25 ans en 2000 :
· Mashteuiatsh : 34 % de la population
a moins de 25 ans.
· Essipit : 27 % de la population a moins
de 25 ans.
· Nutashkuan : 56 % de la population a
moins de 25 ans.
(4) Population de la Première Nation vivant
sur réserve en 2000 :
· Mashteuiatsh : 43 % de la population
vit sur la réserve.
· Essipit : 47.6 % de la population vit
sur la réserve.
· Nutashkuan : 92.7 % de la population
vit sur la réserve.
(5) Age médian de la population sur réserve
en 2001 :
· Mashteuiatsh : 31,2 ans
· Essipit : 34,4 ans
· Nutashkuan : 19,4 ans
· Population du Québec : 38,8 ans
(6) Pourcentage de la population sur réserve
âgée de 15 ans et plus en 2001 :
· Mashteuiatsh : 72,9 %
· Essipit : 86,3 %
· Nutashkuan : 59,2 %
· Population du Québec : 82,2 %
(7) Densité de la population au kilomètre
carré en 20016 :
· Mashteuiatsh : 128,3 personnes par km2
de réserve
· Essipit : 234,2 personnes par km2 de
réserve
· Nutashkuan : 1171,1 personnes par km2
de réserve
· Population du Québec : 5,3 personnes
par km2 de territoire
4Source : MAINC,
décembre 2002 Statistique Canada, 2001
5Source : MAINC, 1975-2000 Statistique Canada,
2001
6Statistiques Canada, 2001 Statistiques
Canada, 2001 |
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