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Une étape majeure
Les droits fondamentaux des Premières
Nations innues
Le territoire
Le droit à la pratique
d'Innu aitun
La participation à
la gestion du territoire,
des ressources naturelles et de l'environnement
Le partage des redevances et
les arrangements financiers
L'autonomie gouvernementale
Le développement socio-économique
Règlement des différends
Justice
Conclusion
Une
étape majeure
L’Entente de principe générale
est très importante pour les Premières
Nations innues concernées car elle constitue
l’aboutissement de près de vingt ans
de négociation entre celles-ci et les gouvernements
du Québec et du Canada. L’entente de
principe a nécessité de très
nombreuses heures de discussions. Elle n’est
pas parfaite et elle ne répond pas à
toutes les interrogations et inquiétudes
des populations allochtones et innues ni à
toutes celles des conseillers professionnels et
fonctionnaires appelés à la commenter;
elle est la voie jugée acceptable par toutes
les parties. Plusieurs sujets importants ne sont
pas précisés et feront l’objet
d’ententes complémentaires qui doivent
être négociées avant la conclusion
d’un traité. L’Entente de principe
pourra être corrigée et complétée
dans le cadre des négociations menant à
la conclusion d'un traité.

Les
droits fondamentaux des Premières Nations
innues
Pour la première fois dans l’histoire
de la négociation des traités au
Canada, les droits ancestraux, y compris le titre
aborigène, seront reconnus, confirmés
et protégés. La modulation des effets
et des modalités d'exercice de ces droits
donne quand même aux parties la certitude
juridique recherchée pour ne pas créer
d’incompréhension sur la compétence
et la propriété de chacun. Il s'agit
d'une innovation dans la négociation de
traité entre les Premières Nations
du Canada et les gouvernements.
La présence antérieure des Innus
sur le territoire sera conciliée avec l’affirmation
de la souveraineté de la Couronne et cela
évitera de multiples litiges judiciaires
potentiels. La relation de traité permettra
de bâtir un véritable partenariat
entre Innus et Québécois au lieu
d’entretenir l’ignorance et la méfiance
réciproques ainsi qu’un climat de
litige permanent.
Le
territoire
Les Premières Nations innues détiennent
actuellement la gestion de territoires de réserve
très restreints pour les besoins de leur
population et pour leur développement et
ces territoires ne leur appartiennent pas en propre.
On peut comparer cette situation désavantageuse
avec celle des territoires municipaux, de certaines
grandes propriétés privés
du Québec et des réserves indiennes
dans l’ouest du pays ou aux États-Unis.
Le Traité viendra corriger cette situation
et reconnaître des territoires en pleine
propriété pour chaque Première
Nation. Les anciennes réserves comme les
nouvelles terres seront appelées Innu Assi
et elles n’auront pas un statut fédéral
mais un statut de droit foncier innu.
En reconnaissance de l’occupation et de
l’utilisation de leur territoire ancestral
et en conformité avec la politique fédérale
de revendications territoriales globales à
cet effet, les Premières Nations innues
se verront aussi reconnaître officiellement
l’existence du Nitassinan. Il s’agit
de l’aire fréquentée par les
Innus de la période préhistorique
jusqu’à aujourd’hui et sur
laquelle sera calculée la part des redevances
qui leur revient, où ils pourront dire
leur mot sur la planification du développement
et où ils pourront légiférer
concernant les activités Innu Aitun de
leurs membres.
Le
droit à la pratique d’Innu aitun
Les activités Innu Aitun sont reconnues
au sens large d’un mode de vie et elles
seront sous la juridiction de chaque gouvernement
innu. Cette perspective est d’importance
majeure pour la préservation et la mise
en valeur de l’identité, de la culture,
de la langue et du patrimoine innu. Des ententes
complémentaires sont prévues pour
harmoniser les activités de récolte
faunique.
La participation à
la gestion du territoire, des ressources naturelles
et de l’environnement
Les gouvernements locaux innus auront dorénavant
le pouvoir de participer aux processus de décision
concernant l’aménagement du territoire
et des ressources du Nitassinan selon divers mécanismes
qui restent à expérimenter et à
valider. Le mécanisme de participation
à l’examen des répercussions
environnementales et sociales des projets de développement
reste à préciser.
Le partage des redevances
et les arrangements financiers
Plusieurs mesures de nature financière
sont prévus dans l’entente. L’objectif
est de délaisser progressivement la dépendance
actuelle des programmes de transferts gouvernementaux
au profit de sources autonomes de financement.
Cette approche d’autonomie, qui fait appel
à la responsabilisation, est radicalement
différente de la tutelle fédérale
antérieure et représente un défi
non-négligeable pour les Premières
Nations.
L’autonomie
gouvernementale
Dans le cadre du débat constitutionnel
canadien, les peuples autochtones ont demandé
que l’ensemble des institutions canadiennes
et québécoises reconnaissent leur
droit inhérent à l’autonomie
gouvernementale. L’Entente de principe reconnaît
aux Innus ce droit et en encadre les effets et
les modalités d'exercice. Les gouvernements
innus (Innu tshishe utshimaut) pourront exercer
leurs pouvoirs de façon responsable en
répondant aux besoins et intérêts
de leurs peuples. L’entente fournira les
outils dont ils ont besoin pour atteindre cet
objectif en leur permettant de se gouverner et
de décider en ce qui concerne leurs affaires
internes, les questions faisant partie intégrante
de leur culture innue distinctive et pour tous
les éléments essentiels à
leurs institutions. Entre d'autres termes, il
s'agit de l'exercice du droit à l'autodétermination
interne. L'harmonisation des lois innues avec
les lois du Québec et du Canada est prévue
sur Nitassinan.

Le développement
socio-économique
Plusieurs mesures de développement socio-économique
sont prévues à l’entente.
Ainsi, un accord prévoira l’accès
à la pêche commerciale, au développement
et à la transformation des espèces
marines, l’accès à des pourvoiries,
à des volumes d’exploitation de la
coupe de bois, à des droits hydrauliques,
à un fonds spécial de financement,
à des partenariats privés et publics
et à l’emploi. Toutes ces mesures
constitueront un actif d’importance majeure
pour le développement des Premières
nations innues mais aussi pour le milieu régional
environnant.

Règlement
des différends
Le processus de règlement des différends
prévoit qu'en cas de différend sur
l'application et l'interprétation du Traité
ou d'une entente complémentaire, les parties
auront à leur disposition une série
de moyens pour régler la situation sans
avoir recours aux tribunaux. Un des principes
premier qui guide le processus est que celui-ci
doit se faire dans un esprit de conciliation,
de coopération et d'harmonie. Cela est
important et significatif pour les Innus. Les
parties s'entendent pour tenter de régler
leurs différends selon l'ordre suivant
et les règles convenues qui s'y rattachent
:
· Discussions informelles ;
· Examen en commun du différend
par un comité conjoint paritaire ;
· Médiation ;
Arbitrage, dans les cas expressément prévus.

Justice
Les Innus auront l'opportunité d'instaurer
leur propre système de justice, de première
instance, responsable de l'administration des
lois innues. L'institution judiciaire innue devra
respecter les principes, les garanties juridiques
et les droits judiciaires prévues dans
les Chartes des droits et libertés du Canada
et du Québec. Le tribunal innu pourra agir
comme tribunal d'appel des décisions des
organismes administratifs qui sont sous sa compétence.
Ses décisions pourront être portées
en appel auprès d'un tribunal d'appel compétent
du Québec et jusqu'à la Cour Suprême
du Canada.
Les gouvernements innus pourront mettre en place
des mécanismes communautaires alternatifs
visant la résolution de conflits, comme
la réintégration sociale, les cercles
de justice, la médiation, l'arbitrage.

Conclusion
La situation socio-économique
des Innus n'est pas rose et l'explosion démographique
au sein de nos communautés ne fait que rappeler
la nécessité de devenir des acteurs
et des partenaires incontournables du développement
du Nitassinan.
Nous sortirons tous gagnants de s'entendre ensemble.
La reconnaissance de nos droits ancestraux et
la levée de l'incertitude sur le développement
du territoire ne sont que deux (2) exemples des
bienfaits d'un Traité pour nos Nations
respectives. Le maintien du statu quo ne ferait
que perpétuer l'incertitude quant au développement
sur Nitassinan et générer de la
frustration de par et d'autre.
L'Entente de principe d'ordre général
qui a été ratifiée recèle
tous les germes d'une nouvelle relation harmonieuse,
respectueuse et bénéfique pour nos
deux (2) Nations. Bien entendu, cette entente
n'est pas détaillée jusque dans
ses moindres recoins. C'est pourquoi un traité
qui contient toutes les précisions requises
doit suivre la présente Entente.
Toutefois, cette Entente de principe d'ordre
général permet à tous de
connaître amplement l'objet de la négociation.
Les paramètres qu'elle contient sont essentiels
et ne peuvent être remis en question. Elle
a été négociée de
bonne foi, dans l'honneur et entre gens raisonnables.
Les Innus ont leurs convictions propres et des
aspirations légitimes. L'on ne peut nier
à autrui ce que l'on revendique pour soi.
Les Premières Nations de Betsiamites, d'Essipit,
de Mashteuiatsh et de Nutashkuan ont posér
ensemble un geste d'ouverture, de partenariat
et de respect des différences.
Le Nitassinan nous lie inexorablement. Nous devons
faire en sorte d'y vivre dans l'harmonie et le
respect mutuel non seulement pour nous, mais également
et surtout pour les générations
à venir.
L'Entente de principe d'ordre général
pave la voie à un Traité de nouvelle
génération qui est, à notre
avis, la solution acceptable et honorable pour
nos deux Peuples dans la recherche d'une cohabitation
solide et durable, et nous sommes fiers des résultats
obtenus.
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